Les Dhows de Vilanculos : Voiliers Ancestraux, Tradition Vivante

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Il y a un moment, généralement lorsque la mer monte, où si l’on regarde au loin, depuis la plage de Vilanculos, on les voit rentrer. Des dizaines de dhows, leurs voiles gonflées par le vent — la plupart sombres, presque noires, rapiécées avec n’importe quel tissu disponible. Parfois une touche de couleur éclate, un patchwork de rouges, de bleus et de verts.

On dirait une flottille d’une autre époque qui rentre au port. Et à bien des égards, c’est exactement ça.

Une histoire très ancienne

Le dhow est l’une des embarcations les plus anciennes encore en usage dans le monde. Depuis plus de deux mille ans, ces élégants bateaux en bois sont l’épine dorsale du commerce et des échanges le long de la côte est-africaine, reliant les communautés de pêcheurs et connectant les rivages d’Afrique, d’Arabie et du sous-continent indien, bien avant que quiconque songe à dresser une carte de l’océan Indien.

Les marchandises qu’ils transportaient racontent toute l’histoire de cette côte — épices, ivoire, or, bois de mangrove, coton, dattes et céramiques ont circulé dans cette partie du monde pendant des siècles. Malheureusement, le commerce n’était pas toujours vertueux. Les dhows furent aussi les navires de la traite des esclaves, transportant des hommes et des femmes des côtes du Mozambique et de Tanzanie vers la péninsule arabique, pendant plus d’un millénaire.

Au-delà du commerce, les dhows étaient des vecteurs d’échanges culturels. La langue swahili — parlée aujourd’hui dans une douzaine de pays — est née des contacts que le commerce par dhow a rendus possibles.

Dhows are still in use for fishing in Vilanculos.

Les dhows sont encore les bateaux utilisés les pécheurs à Vilanculos.

Encore construits à la main à Vilanculos

Ce qui rend les dhows de Vilanculos si remarquables aujourd’hui, ce n’est pas seulement leur histoire — c’est leur présent. Ce ne sont pas des pièces de musée. Ce sont des bateaux de travail, et ils sont encore construits comme ils l’ont toujours été : à la main, avec des bois durs locaux — principalement l’Umbila (aussi connu sous le nom de Kiiat ou Teck sauvage) — soigneusement sélectionnés pour leur résistance et leur imperméabilité à l’eau de mer.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ils ne sont pas construits sur la plage. Les marées ne le permettraient pas. Les dhows sont construits dans les cours des maisons des pêcheurs. Quand la coque est enfin terminée, toute la communauté se mobilise pour pousser le bateau jusqu’à la mer — un effort collectif qui semble aussi traditionnel que l’embarcation elle-même.

Vivid colors are often used to paint the dhows.

Des couleurs vives sont souvent utilisées pour peindre les coques.

Un vrai « tableau » à marée basse

À marée basse, les dhows qui ne sont pas en mer reposent sur le sable. Leurs coques peintes captent merveilleusement la lumière de l’après-midi. De près, on remarque les noms. Certains sont pragmatiques. D’autres sont des messages. D’autres encore sont simplement savoureux : BMW, God Is Good, ou tout simplement le prénom d’une mère, peint avec une fierté évidente sur la proue.

La voile, appelée voile latine, une grand voile triangulaire suspendue à 45 degrés d’un mât assez bas, est elle aussi très caractéristique. Les voiles sombres et rapiécées qu’on voit le plus souvent ne sont pas un choix esthétique ; ce sont simplement des voiles qui ont été réparées tant de fois que le tissu d’origine importe peu.

Cap sur Magaruque en dhow

La meilleure façon d’apprécier un dhow, c’est de naviguer dessus.

A’ Vilanculos, quelques opérateurs organisent des excursions en dhow vers l’île de Magaruque — la plus proche de Vilanculos. La traversée dure environ une heure selon les marées et le vent, et l’expérience de naviguer sur une embarcation traditionnelle sur une eau aussi claire et aussi bleue ne s’oublie pas.

Regardez l’équipage préparer une partie du déjeuner qui sera servi sur l’île. Comme le font encore les pêcheurs lorsqu’ils partent pour quelques jours, ils cuisinent directement sur le bateau, dans « plat » en fonte encastré dans le bois du dhow. Ils y font bruler du charbon de bois pour griller un poisson frais et préparer un repas en plein air sur le pont.

Un héritage vivant au Mozambique

Les dhows de Vilanculos sont au cœur de la culture maritime de la ville. Ancrés dans le quotidien, pratiques, et bien présents dans la vie de tous les jours.

Que vous les regardiez rentrer avec la marée, photographiez leurs coques à marée basse, lisiez les noms peints sur leurs proues, ou montiez à bord pour la traversée vers Magaruque, ils comptent parmi les plus belles images que vous garderez de Vilanculos.

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